Antoni Tàpies, artiste Catalan

Antoni Tàpies est né le 13 décembre 1923, à Barcelone et mort le 6 février 2012 à l’âge de 88 ans. Il est issu de la bourgeoise intellectuelle. Son père, avocat, possède une bibliothèque de trois mille volumes, sa mère est issue d’une famille d’éditeurs et de marchands de livres. Le jeune Antoni Tàpies reçoit une éducation catholique pour répondre à la demande de sa mère très pratiquante et qu’il aime profondément. Très jeune, Antoni Tàpies a le goût du dessin. Ses parents lui en font l’éloge et il reçoit une boîte de couleurs, une palette et un chevalet de sa grand-mère. Mais il suit les conseils familiaux et fait des études de droit.

Au début des années 40 est victime d’une grave infection pulmonaire qui lui impose deux années de convalescence durant lesquelles il s’intéresse à l’histoire de la philosophie, continuant à peindre et à dessiner. En 1942, suite à une grave crise de tachycardie, Antoni Tàpies se voit mort, perçoit d’étranges hallucinations, des sensations de clairvoyances et d’illuminations, il décide alors d’être « artiste ».

Avoir côtoyé la mort ou subi une longue maladie sont des conditions indispensables, selon lui, pour devenir un « artiste-chamane ».

Au sanatorium, sa vocation se précise. Antoni Tàpies passe maître dans la façon de peindre selon une « vision d’appareil photo ». Cela lui donne une grande habileté lui permettant de se dispenser d’études artistiques. Une maîtrise technique qui le dégoûte de ce réalisme et qui le porte vers l’art moderne repoussant ainsi toute forme d’académisme.

Homme d’une grande culture et artiste autodidacte, Antoni Tàpies a une grande connaissance en musique (Wagner), littérature (Dostoïevski) et philosophie (Nietzsche, de Schopenhauer). Il se passionne également pour l’art, la culture et la philosophie orientales ainsi que pour la calligraphie.

Il est profondément marqué par les atrocités de la guerre civile espagnole. Les lacérations, entailles, griffures qui déchirent son œuvre expriment la violence des deux guerres – civile et mondiale- mais aussi l’oppression du franquisme.

Antoni Tàpies considère que l’art c’est la vie. Les mouvements dadaïste et Surréaliste  l’inquiètent et le fascinent en même temps, l’esprit de Schwitters l’inspire profondément, mais c’est la rigueur de Miró et de Picasso qui l’influence énormément. En 1948, Antoni Tàpies est cofondateur du mouvement Dau al set, proche des mouvements Dadaïste et Surréaliste.

Antoni Tàpies commence à exposer ses tableaux marqués par le surréalisme dans les années 1940, avant d’évoluer peu à peu vers l’abstraction.

  • Date de naissance: 1923
  • Origine: Espagne, Catalogne
  • Art: Peinture & gravure

Au réalisme photographique et l’académisme où il excelle, il oppose une obsession de la matérialité et de la consistance. Bien avant l’Arte Povera,  Antoni Tàpies intègre des matériaux non académiques dans ses œuvres. Il est l’un des premiers à mélanger des matières, ajoutant de la poudre d’argile et de marbre à sa peinture, utilisant le papier déchiré, la corde et des chiffons (1953) s’orientant ainsi du côté de l’Art Brut.

Il a une conception magique de l’œuvre d’art : le tableau, contrairement à la tradition classique et même au cubisme, ne doit pas être la représentation des choses, mais un objet en lui-même, un « objet de pouvoir », comme on le conçoit dans les arts d’Afrique et d’Océanie par exemple, une chose investie par l’artiste-chamane d’une charge électrique capable de toucher le spectateur, avec des vertus thérapeutiques ou d’« éveil ». Cette « magie » vient de la matière et des signes.

Sa renommée devient internationale dès le milieu des années 1950. A partir des années 1960, les expositions se multiplient, notamment avec Enrique Brinkmann. Antoni Tàpies devient rapidement un des artistes les plus connus et reconnus de l’après-guerre. Il travaille très souvent avec d’autres artistes comme Eduardo Chillida. À partir des années 1970, Antoni Tàpies, influencé par le Pop’art, travaille ses œuvres avec des matériaux plus volumineux, comme des pièces de mobilier, des instruments de musique…

Les œuvres d’Antoni Tàpies

Antoni Tàpies qualifie ses œuvres de « champs de batailles où les blessures se multiplient à l’infini ». Son univers est composé d’éléments graphiques et plastiques où la matière est reine. Antoni Tàpies travaille des « matériaux pauvres » par collage (en associant parfois du sable et de la poussière), par empâtement et grattage. Il mélange le colorant et son médium, à l’aide d’outils mais souvent avec son corps.

La typographie, la croix, les taches, les graffitis, prennent des formes variées, dans des espaces fermés comme des murs, des volets ou des portes. Antoni Tàpies a été le premier surpris par ses œuvres « matérialistes » en voyant apparaître « le mur » sur la toile sans l’avoir cherché. Il se trouve que Tàpies en catalan signifie « mur »…

« Forma ombrejada », gravure d’Antoni Tàpies

Gravure de couleur au carborundum – 1987

« Variations sur un thème musical 20 », lithographie et collagraphie d’Antoni Tàpies

Lithographie en couleurs et collagraphie – 1987

« Tasse », gravure d’Antoni Tàpies

Eau-forte de couleur au carborundum – 1978

« Blanc sur noir », gravure d’Antoni Tàpies

Gravure au carborundum en couleurs – 1986/1987

« Cobert de roig », gravure d’Antoni Tàpies

Gravure de couleur au carborundum – 1984

« Empremtes – Spuren », gravure d’Antoni Tàpies

Eau-forte de couleur aquatinte avec contreplaqué appliqué – 2003

« Figura », aquatinte d’Antoni Tàpies

Aquatinte de couleur au carborundum – 1985

« 740 », aquatinte d’Antoni Tàpies

Aquatinte de couleur avec carborundum – 1979

« 3 i 4 », gravure d’Antoni Tàpies

Gravure à l’eau-forte de couleur au carborundum – 1982

« Oval i blanc », gravure d’Antoni Tàpies

Gravure à l’eau-forte de couleur au carborundum – 1982

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