David Clerc – Artiste peintre

La lumière à l’épreuve du doute

Il est des peintures qui affirment. D’autres qui racontent. Celles de David Clerc, elles, hésitent, et c’est dans cette hésitation que se loge leur force.

Né à Fribourg en 1971, formé à Neuchâtel, installé tour à tour à Paris, en Bretagne puis dans la Sarthe, Clerc n’a jamais cessé de déplacer son atelier à l’intérieur même du paysage qu’il habite. Mais il ne peint pas le paysage. Il ne le décrit pas. Il en poursuit l’expérience intérieure. Ce qui l’intéresse n’est pas la vue mais le contact, non pas l’image, mais la sensation persistante qu’elle laisse.

Pendant ses années parisiennes, le milieu urbain fut son champ d’attention : façades, rythmes architecturaux, verticalités. Non comme motifs reconnaissables, mais comme structures de présence. Puis le départ vers la Bretagne a opéré une sorte d’effacement. Le sujet s’est retiré. Le paysage, devenu plus vaste, plus organique, a d’abord suspendu le geste. Clerc a alors déplacé son travail hors les murs, laissant le climat intervenir sur ses surfaces. L’œuvre n’était plus seulement produite : elle était exposée au temps, soumise à l’air et à l’humidité, à l’imprévisible.

Ce déplacement est essentiel. Il marque le passage d’une peinture construite à une peinture éprouvée.

Dans l’atelier, aujourd’hui, les images (arbres photographiés, fragments dessinés…) ne sont que des seuils. Le véritable travail se joue ailleurs : dans la matière. Le verre, les peintures métallisées, les feuilles d’aluminium ne sont pas des effets mais des nécessités. Ils introduisent une instabilité fondamentale. La surface réfléchissante refuse la fixité. Elle dérobe autant qu’elle révèle.

En cela, David Clerc s’inscrit dans une filiation discrète : celle d’artistes pour qui la peinture est un champ vibratoire plus qu’un espace de représentation. On pense à Morandi pour la retenue, à Agnès Martin pour la respiration silencieuse, à Joseph Albers pour la tension chromatique, à Sean Scully pour la densité méditative. Mais chez David Clerc, cette proximité ne relève pas de l’influence formelle, elle tient à une éthique du regard.

Car ce que l’artiste met en jeu, c’est une expérience perceptive troublée. Le spectateur, face à l’œuvre, n’est jamais stable. Un déplacement du corps modifie l’image. Un reflet fait surgir une forme qui s’évanouit aussitôt. La lumière devient événement. L’œuvre n’est plus un plan unique mais la coexistence d’un plan fixe et d’un plan mouvant. Une peinture qui contient sa propre disparition.

Ce qui apparaît clair peut soudain s’assombrir, puis se dissoudre dans le miroitement de l’aluminium. Il y a là une mise en crise douce de la vision. Rien de spectaculaire. Tout se joue dans l’infime variation. David Clerc installe le doute au cœur du visible.

La couleur elle-même est tenue, souvent quasi monochrome, parfois traversée de contrastes sourds qui résonnent comme un bourdon continu. Elle ne cherche pas l’éclat. Elle persiste. Elle travaille dans la durée. Car le temps est un matériau chez David Clerc, un temps long, fait de ruminations, d’essais différés, de techniques laissées en suspens jusqu’à ce qu’elles trouvent leur nécessité. L’artiste parle d’une « dentelle du temps » : formule juste pour qualifier cette élaboration lente où rien n’est forcé.

Le refus du titre participe de cette même exigence. Nommer serait orienter. Orienter serait réduire. David Clerc laisse ses œuvres sans autre indication que leur technique, afin que le regard ne soit pas précédé d’un récit. Le spectateur doit traverser l’image sans balise, accepter l’incertitude, se laisser atteindre.

Ce qui se joue dans cette peinture n’est pas tant la représentation du monde que l’épreuve de sa perception. Une tentative de retrouver, au cœur de la matière, cette sensation initiale, brève, presque insaisissable, éprouvée face au paysage. Un instant où le visible vacille et où la réalité semble moins donnée que construite par le regard.

David Clerc ne peint pas ce qu’il voit.
Il peint ce qui, dans la vision, résiste à se fixer.

  • né en 1971
  • Origine: Suisse
  • Art: Peinture

Retrouvez tous les artistes de la galerie

Evdoxia – Artiste Sculpture

Evdoxia – Artiste sculpture

David Clerc – Artiste peintre

David Clerc – Artiste peintre

Jacques Verdier – Artiste peintre

Jacques Verdier – Artiste peintre

Jan Voss – Artiste peintre

Jan Voss – Artiste peintre

Isabelle Gougenheim – Artiste peintre

Isabelle Gougenheim – Artiste peintre

Yolaine Wuest – Artiste peintre

Yolaine Wuest – Artiste peintre

Marie Amédro – Peinture, Collage, Dessin

Marie Amédro – Peintures – Dessins – Collages

Vladimir Skoda

Vladimir Skoda – Sculptures – Gravures

Stéphane Spach

Stéphane Spach – Photographies

Michel Cornu – Gravure, Dessin

Michel Cornu – Gravures – Dessins

Jacques Bosser – Peinture,Gravure

Jacques Bosser – Gravures – Peintures

Georges Braque – Gravure

George Braque – Gravures

Patrick Grundmann – Peintre, France

Patrick Grundmann – Artiste Peintre

Illana Isehayek, Sculpture – Mobile

Sculpture Mobile Bois Fer

Franziskus Wendels, Peinture

Peinture

Renaud Allirand, Gravure, Dessin, Monotype

Gravure

Carole Nieder – Peinture

Peinture

Jan Voss, Gravure

Gravure

Stéphane Ait Ouarab, photographe

Photographie

Roger Decaux, peinture, dessin

Peinture, Dessin

Marc Chagall, peinture, gravure

Gravure

Marie-Gaëlle Moldo, peinture, dessin

Peinture, Dessin

Julia Morlot, céramiste

Céramique

Yann Baco, Sculpture

Sculpture en acier forgé

Frédéric Klein, gravure et peinture

Gravure et peinture

François Bruetshy – Peinture – Dessin

François Bruetshy – Peintures – Dessins

Nahrae Lee- Gravure – Dessin

Nahrae Lee – Gravures

Rose-Marie Crespin – Sculpture – Collage – Céramique

Rose-Marie Crespin – Sculptures – Collages – Céramiques

Antoni Tàpies, artiste Catalan

Découvrez ou redécouvrez Anton TAPIES, artiste Catalan de renommée internationale dont les oeuvres, peintures et gravures, sont marquées par le surréalisme.

Eduardo Chillida, Artiste Basque

Eduardo Chillida, né en 1924 au Pays basque espagnol est mort en 2002. C’est un sculpteuret un graveur. De 1943 à 1947, il a fait des études d’architecture à l’université de Madrid. En 1947, il a  suivi des cours de dessin et a commencé à sculpter. Il expose à Paris dès le début desannées 1950 et s’installe au Pavillon Espagnol de la Cité Universitaire. Il y fait la connaissance de Brancusi et des peintres et sculpteurs espagnols dont Antoni Tàpies.

Louis Stettner – Photographe, États Unis

Louis Stettner – Photographe

Vinça Monadé – Peintre, Céramiste

Vinça Monadé – Artiste Peintre – Gravure – Sérigraphie

David Daoud – Sculpture, Peinture,

David Daoud – Sculptures -Peintures – Dessins

Sophie Patry – Auteure photographe

Sophie Patry – Photographies

Joan Miró – Peintre, Espagne

Joan Miro – Artiste espagnole

Max Ernst – Artiste peintre , sculpteur, poète – France

Max Ernst – Artiste peintre, graveur,sculpteur,poète

Rainer Gross – Artiste sculpture , photographie – Belgique

Rainer Gross – Artiste: Sculpture, Photographie

Hans Hartung – Artiste peintre , graveur – France

Hans Hartung – Artiste peintre, graveur

Michel Handschumacher – Photographe, France

Michel Handschumacher – Photographe

Joseph Bey, sculpteur, peinture

Joseph Bey né à Mulhouse en 1955, a déjà participé à de nombreuses expositions en France comme à l’étranger : Mulhouse, Saint-Louis, Colmar, Strasbourg, Paris, Bâle, Tokyo… Il ne cesse jamais de créer, peignant avec toujours plus d’ardeur et sculptant des matériaux multiples pour forger des œuvres aux tailles variées. Il garde un style qui lui [...]

Matthieu Poli, artiste plasticien et numérique France

Matthieu Poli – Artiste Plasticien et numérique